Fairouz fait ses adieux à son fils, Hali Rahbani… La douleur d’une mère se ravive, et une légende demeure silencieuse aux funérailles du chagrin.

Fairouz fait ses adieux à son fils, Hali Rahbani… La douleur d’une mère se ravive, et le silence d’une légende règne aux funérailles de la souffrance.

Une profonde tristesse a envahi la scène artistique et culturelle du Liban et du monde arabe avec l’apparition de la légendaire artiste libanaise Fairouz aux funérailles de son plus jeune fils, Hali Rahbani, décédé le 8 janvier 2026 à l’âge de 68 ans, après une longue et pénible maladie. Il vivait loin des projecteurs, entouré de l’amour de sa mère et du calme de sa famille.

Fairouz, icône de la chanson arabe et voix du matin qui a accompagné des générations, est apparue le visage empreint de chagrin, accompagnée de sa fille, Rima Rahbani, et de sa sœur, Huda Haddad, dans une scène poignante et émouvante qui a ravivé la douleur des pertes successives subies par cette vénérable famille d’artistes au fil des décennies.

Des funérailles empreintes de silence, dignes d’une légende

La cérémonie funéraire s’est déroulée en l’église Notre-Dame d’Al-Muhayditha, à Bikfaya, dans le gouvernorat du Mont-Liban. Famille, amis, admirateurs et personnalités politiques, artistiques et culturelles étaient réunis pour présenter leurs condoléances à celle qui était devenue une figure emblématique de leur mémoire collective.

Les funérailles, empreintes de calme et de solennité, semblaient exprimer le deuil dans un murmure plutôt que dans un cri. Fairouz, d’ordinaire si fière sur scène, se tenait cette fois-ci telle une mère inconsolable, faisant ses adieux à son fils, qui avait vécu toute sa vie loin des projecteurs, mais qui demeurait à jamais dans son cœur.

Un bouquet de roses et le message d’une mère

Dans un geste profondément symbolique, Fairouz a offert à son fils disparu un bouquet de roses blanches, portant une courte mais poignante inscription :

« À mon fils bien-aimé.»

Quelques mots, et pourtant ils résument le lien entre une mère et son fils, une relation qui n’avait besoin ni de discours ni de fanfare, mais fondée sur l’attention, la patience et un amour inconditionnel. Le blanc, si souvent associé aux chansons de Fairouz, semblait un dernier message de paix, un adieu pur, à l’image d’une vie vécue dans l’ombre.

Inhumé auprès de Ziad… une douleur double

Le corps d’Hali Rahbani reposera au cimetière familial Rahbani de Bikfaya, auprès de son frère aîné, Ziad Rahbani, artiste, musicien et dramaturge de renom, décédé moins de six mois auparavant, en juillet 2025.

Cette succession rapide de pertes a ravivé le souvenir du chemin difficile que Fairouz a parcouru pendant des décennies. Cette tragédie n’était pas la première, mais un maillon de plus dans une longue chaîne de deuils.

Une suite interminable de pertes

Depuis les années 1980, Fairouz a connu la douleur du deuil dès son plus jeune âge. En 1986, son mari et partenaire artistique, Assi Rahbani, décède, la laissant sans ressources, non seulement son compagnon de vie, mais aussi l’un des piliers de son grand projet artistique. Deux ans plus tard, en 1988, elle perd sa fille, Layal Rahbani, une perte dévastatrice qui accentue son isolement et son silence.

Avec la disparition de Ziad, puis celle de Hali, le temps semble s’acharner à mettre à l’épreuve la patience de cette femme qui, malgré la joie qu’elle avait suscitée, vivait avec un chagrin accumulé, choisissant de l’affronter avec silence et dignité.

Hali Rahbani… Une vie loin des projecteurs

Contrairement au reste de la famille Rahbani, Hali Rahbani a vécu une vie totalement à l’écart des mondes artistique et médiatique. Dès son enfance, il souffrait de handicaps intellectuels et physiques qui nécessitaient des soins particuliers et une présence constante au quotidien.

Hali n’a jamais donné d’interviews ni participé à des événements publics, et les médias savaient peu de choses à son sujet – un choix délibéré de la famille, et notamment de Fairouz, afin de préserver sa vie privée et sa dignité.

Une mère avant la légende

Tout au long de sa vie, Fairouz a privilégié son rôle de mère à celui d’artiste. Elle a pris soin de lui personnellement, veillant aux moindres détails de son quotidien et s’assurant qu’il vive dans un environnement sûr, loin des regards indiscrets des médias et du tumulte de la célébrité.

Ce choix familial inébranlable reflétait une relation exceptionnelle entre Fairouz et son fils, une relation fondée non pas sur la réussite ou les apparitions publiques, mais sur une profonde connexion humaine. Nombreux sont ceux qui pensent que cette expérience a profondément marqué la personnalité de Fairouz, sa sensibilité artistique et même ses choix musicaux.

Une présence humaine dans la vie de Fairouz

Malgré son absence de la scène artistique, Hali est resté présent dans la vie personnelle de Fairouz. Pour elle, l’art n’était pas dissocié de la vie, mais plutôt un miroir qui la reflétait. Il est largement admis dans les milieux culturels et artistiques que la chanson « Sallim Li Alayh » (Transmets mes salutations à Hali), écrite et composée par Ziad Rahbani et interprétée par Fairouz sur l’album « Mesh Kayen Hayk Tkoun » (Ce n’était pas censé se passer ainsi), était dédiée à Hali.

Cette chanson, empreinte d’une profonde émotion, a touché de nombreuses personnes comme un message d’amour et de nostalgie, reflétant le lien entre une mère et son fils, ou entre deux frères, présenté sous une forme artistique transparente qui ne dit rien d’explicitement, mais suggère plutôt.

Fairouz… Le silence comme dernier recours

Tout au long de sa carrière, Fairouz était connue pour ses rares déclarations publiques et son évitement des médias, en particulier dans les moments de deuil. Face à cette tragédie, elle est restée une fois de plus silencieuse, se limitant à une présence symbolique aux funérailles, sans prononcer un mot ni faire de déclaration.

Ce silence n’était pas un signe de faiblesse, mais un mode de vie, le prolongement d’une personnalité qui choisissait de s’exprimer tantôt par le chant, tantôt par le silence.

Réaction générale et sympathie du public

Le nom de Fairouz a fait le tour des réseaux sociaux, où des milliers de fans du monde arabe ont exprimé leur profonde sympathie. Les images des funérailles et les messages de condoléances et de prières ont circulé abondamment, affirmant que Fairouz n’était pas seulement une artiste, mais une icône humaine universelle.

Quand l’art rencontre la vie

L’histoire d’Heli Rahbani n’est pas qu’une simple annonce de décès, mais un chapitre poignant de la vie d’une famille qui a marqué la mémoire culturelle arabe. Elle nous rappelle que derrière les légendes se cachent des mères, des pères et des enfants qui, comme tout le monde, souffrent.

En faisant ses adieux à Heli, Fairouz pleurait une partie de sa propre vie, mais en même temps, elle évoquait le sens de la maternité silencieuse, de l’amour inconditionnel et de la dignité face à la perte.

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